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Conjoncture
L’impact des politiques monétaires (politiques
de taux d’intérêt et de taux de change)
sur les économies sont difficiles à mettre
en évidence, souvent parce que les observateurs sont
trop prompts à décréter qu’ils
n’existent pas sous prétexte qu’ils sont
retardés. Ainsi, la hausse des taux américains
de 2004-2006 a semblé avoir peu d’impact jusqu’à
la fin 2006.
Mais entraînant une crise immobilière, on a
fini par voir ses effets. On estime qu’une hausse
de taux de 100 points de base se traduit par une perte de
0,3% à 0,5% de PIB. On retrouve empiriquement cet
impact dans la décélération américaine
de 3,9% en 2004 à 2% en 2007, sous l’effet
d’une hausse de 425 points de base. Pour la zone euro,
la hausse des taux commencée fin 2005 n’a pas
eu d’effet tangible en 2006.

Mais
elle devrait progressivement se faire sentir d’ici
2008, pour un coût d’environ 1% de croissance,
toutes choses égales par ailleurs. Les effets des
taux de change, de leur côté, ne se manifestent
pas toujours à court terme mais plus souvent à
moyen terme. Ainsi, la Chine tire sans doute encore partie
aujourd’hui de la dévaluation de 45% qu’elle
effectuée en 1994 face au dollar. Mais il semble
que les Etats-Unis soient de moins en moins disposés
à accepter le taux de change actuel du renminbi.
Le Japon illustre des bénéfices plus rapides
d’une dévaluation, dans un environnement mondial
faiblement inflationniste. Les exportations en volume sont
fortement stimulées (les usines japonaises produisent
avec une main d’œuvre à 15 euros de l’heure,
contre 18 aux Etats-Unis et 30 en France ou en Allemagne)
; les importations restent contenues par la baisse du pouvoir
d’achat international des Japonais, tandis que l’inflation
importée est impuissante à faire redémarrer
l’inflation domestique.
L’appréciation de l’euro semble en revanche
avoir peu d’effet sur l’économie de la
zone. La balance courante reste proche de l’équilibre.
En entrant dans les détails, on s’aperçoit
cependant que la situation est très différente
d’un pays à l’autre. L’Espagne
s’enfonce dans un déficit courant gigantesque
(9% du PIB).
Le déficit est plus modeste en France et en Italie,
mais il progresse. Le vrai mystère est le développement
de l’excédent allemand. Il tient en partie
au boom de l’investissement des pays émergents,
qui dope les exportations de biens d’équipements
et à l’austérité salariale allemande
sur la période 2000-2006, qui a rétabli la
compétitivité et bridé la consommation,
donc les importations.
Mais
cette spécificité allemande n’aura sans
doute qu’un temps. La fin du boom des investissements
et un début de réaccélération
salariale devrait finir par miner aussi les excédents
commerciaux allemands.

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