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Nos
points fondamentaux pour l'export
Etudes
préalables, recherche de partenaires, stratégie
de vente et de distribution, aspects logistiques, risques
d'impayés et de change… voici un guide pratique
pour partir avec succès à la conquête
des marchés étrangers.
Pour l'export de biens d'équipement, les salons professionnels
servent souvent de porte d'entrée.
Au début, avoir un bureau dans une CCI est une bonne
méthode : il n'y a pas de coût de structure à
supporter.
Il faut essayer de travailler avec la devise de l'acheteur
: c'est beaucoup plus commercial.
Développer
son activité à l'international, cela passe par
la prise en compte de nombreuses questions tant commerciales
et logistiques que financières et juridiques. Pour
ne rien oublier et surtout partir dans les bonnes directions,
voici recensé sous forme de guide pratique, ce qu'il
faut savoir pour se lancer dans de bonnes conditions.
•
S'entourer de collaborateurs formés à l'export
Trois départements de votre entreprise vont être
impactés par votre projet d'export : le commercial,
la production et, si vous expatriez du personnel, les ressources
humaines. Il n'est pas forcément nécessaire
de créer un service dédié à l'export.
Par contre, il vous faudra vous entourer de collaborateurs
qui y sont formés, soit en les recrutant, soit en les
formant. Dans le deuxième cas, trois axes devront être
abordés. A une formation export classique (commerciale,
administrative, juridique et financière) s'ajoutera
une dimension interculturelle, indispensable pour s'adapter
aux modes de pensée des personnes avec qui vous serez
amené à négocier ou établir des
partenariats. Enfin, une formation linguistique permettra
de déléguer efficacement du personnel sur un
marché étranger. Des connaissances, même
basiques, de la langue du pays (et pas seulement de l'anglais)
sont toujours les bienvenues. même basiques, de la langue
du pays (et pas seulement de l'anglais) sont toujours les
bienvenues.
•
S'informer sur le marché visé
Avant d'entreprendre d'autres démarches, il est impératif
de prendre un certain nombre de renseignements sur le marché
où l'on envisage d'exporter. Et en particulier, pour
en mesurer l'accessibilité, le potentiel et les risques
qui lui sont associés. Voici quelques axes à
prendre en compte.
- Données politico-économiques : taille du marché,
situation, financière et stabilité politique
du pays, contraintes administratives et éventuellement,
plans de développement et aides au développement.
- Données diverses : éloignement du marché,
état des infrastructures, étude des importations,
image de la France, comportements d'achat.
Une
fois cette pré-étude menée, vous aurez
une idée du ou des pays où vous développer.
Reste à réaliser une étude de marché
plus approfondie. Parmi les questions à se poser, voici
les thèmes clés...
Au vu des contraintes administratives, le produit devra-t-il
être modifié ?
Faut-il mener une action spécifique pour se mettre
aux normes du pays choisi ?
Quels sont les coûts spécifiques à l'import
dans le pays sélectionné ? Quel sera le coût
du transport ?
Quelle est la demande ? Quels sont les prix du marché
?
Quelle est l'offre locale ? Qu'en est-il de la concurrence
?
Mener ou faire mener l'étude sur place, par un VIE
par exemple, ou en la sous-traitant, permettra de s'imprégner
du marché, de visiter les circuits de distribution
et de prendre des premiers contacts avec de futurs partenaires.
•
Prospecter ses futurs partenaires et clients
Il est important, très tôt, de rechercher les
partenaires avec qui on collaborera. Pour se constituer un
portefeuille de prospects, on pourra s'aider d'annuaires professionnels
et des fichiers des chambres de commerce et d'industrie (CCI),
mais aussi faire appel à différents organismes
tels qu'Ubifrance, les missions économiques, OSEO (anciennement
ANVAR) et l'Union des CCI françaises à l'étranger.
Il vous faudra peut-être, dès ce moment là,
mettre en place des documents de prospection, brochures et
catalogues reprenant vos conditions de ventes et vos tarifs.
Faites appel, pour cela, à des traducteurs professionnels,
qui sauront prendre en compte la dimension interculturelle
d'une traduction.
Ensuite, il s'agira d'identifier et d'évaluer vos prospects,
de mettre en place des contrats juridiques et de définir
vos offres. Sur place, vous pourrez alors démarcher
lors de rendez-vous planifiés depuis la France et,
éventuellement, participer à des manifestations
commerciales dont vous aurez déterminé la pertinence.
Pour l'export de biens d'équipement, les salons professionnels
servent souvent de porte d'entrée. Ubifrance organise
ainsi des salons en France et à l'étranger qui
vous donneront l'opportunité de rencontrer des acheteurs
de votre pays cible. Pour vous aider dans vos actions de démarchage,
vous pourrez vous appuyer sur l'assurance prospection proposée
par la COFACE, mais aussi sur un parrainage bancaire ou sur
des aides régionales. Si vous en avez la possibilité,
pensez à emporter des produits ou échantillons
à l'occasion de vos déplacements.
•
Communiquer de façon appropriée
Deux possibilités s'offrent à vous. Centraliser
votre communication ou la sous-traiter, en totalité
ou partiellement. Quoi que vous choisissiez, il sera alors
temps de développer vos fiches produits et vos argumentaires,
de présenter votre entreprise et votre savoir-faire
et de créer votre site Internet. Tout cela, bien entendu,
dans la langue du pays où vous souhaitez vous développer,
en tenant compte de la dimension culturelle de la traduction.
Ainsi, il s'avèrera utile d'acquérir une bonne
connaissance du marché pour décider des supports
de communication les plus adaptés au pays.
•
Envisager de s'implante sur place
Une fois que vous serez assurés de commandes récurrentes,
vous envisagerez peut-être de vous implanter sur place.
On s'implante pour avoir un meilleur contrôle du marché,
pour vendre davantage et éventuellement aussi pour
faire oublier son origine étrangère. Cette démarche,
très coûteuse, peut demander à être
validée par un test de pré-implantation - création
d'un site Internet, domiciliation ou portage. "Au début,
avoir un bureau dans une CCI est une bonne solution : contrairement
à une succursale, il n'y a pas de coût de structure
à supporter".
Des spécialistes vous aideront ensuite efficacement
à définir le meilleur cadre fiscal et juridique
pour votre implantation. Lorsque la pré-implantation
s'est bien passée, l'ouverture d'un bureau de représentation
ou d'une succursale est plus aisée et le choix des
partenariats commerciaux, industriels ou technologiques, se
fait plus facilement. Et puisque s'implanter, c'est avant
tout choisir de se situer au cœur de sa nouvelle clientèle,
il devient encore plus important de prendre en compte ses
demandes spécifiques et de s'assurer d'un réseau
de distribution solide. Voyez enfin avec les partenaires avec
qui vous traitiez déjà, le rôle qu'ils
joueront dorénavant.
•
Mettre en place une stratégie de vente
Le choix de votre politique de distribution va conditionner
la réussite de votre stratégie de vente. Il
est donc temps de définir quelques objectifs. De l'un
à l'autre, les circuits de distribution sont plus ou
moins rapides. Quelle rapidité de pénétration
du marché souhaitez-vous pour votre produit ? D'autre
part, quelle maîtrise souhaitez-vous avoir de votre
politique de distribution ?
Si vous désirez en avoir le contrôle total, vous
avez le choix entre l'implantation directe, le recrutement
de représentants salariés ou le commissionnement
d'agents commerciaux. Si vous pouvez vous satisfaire d'une
maîtrise partielle de votre politique de distribution,
vous pouvez adhérer à un groupement d'exportateurs
ou avoir recours à des commissionnaires exportateurs.
Sinon, vous pouvez vous rabattre sur la franchise ou la joint-venture
- de préférence avec une structure déjà
existante - ou le portage. Si vous décidez de vendre
par le biais d'intermédiaires, vous n'aurez quasiment
aucune maîtrise de votre politique de distribution mais
pourrez vous consacrer entièrement à la production.
Vous pouvez alors rejoindre un groupement d'exportateurs,
faire appel à des sociétés de gestion
à l'exportation ou passer par des centrales d'achat
à qui vous cédez une licence. Sous-traiter est
synonyme de gain de temps… et de transfert de la marge
commerciale au sous-traitant. A vous de voir…
•
Payer et être payé
Choisir le bon moyen de paiement est une autre étape
critique. Il s'agit à la fois de limiter les risques
pour vous et de ne pas choisir un procédé trop
cher pour votre client.
A l'importation.
Définies dans le contrat qui lie l'importateur à
l'exportateur, les conditions de paiement varient souvent
en fonction du degré de confiance entre les deux partenaires.
Les règlements au comptant ou à crédit
(par lettre de change) peuvent convenir si vous vous connaissez
bien. Pour plus de sécurité, les paiements documentaires
sont plus appropriés et notamment la remise documentaire.
Le client vérifie la conformité des documents,
regarde la marchandise et, si cela lui convient, paye le fournisseur
(ou son banquier).
A l'exportation.
Les moyens de paiement sont les mêmes qu'à l'importation,
mais il est impératif de se montrer vigilant. Les règlements
au comptant peuvent poser problème si la durée
entre remise du chèque (ou du virement) et encaissement
est trop longue. De nombreuses banques proposent, pour pallier
ce problème, des solutions de cash management. Par
ailleurs, si vous optez pour un crédit documentaire,
veillez à ce qu'il soit réalisable dans une
banque française.
Malgré
ces précautions, vous serez toujours exposés
à des risques politiques (guerre, boycott, catastrophe
naturelle…), bancaires (faillite, solvabilité…)
et commerciaux (rupture du contrat). Pour les prévenir,
il faut évidemment se renseigner sur ses nouveaux clients,
notamment à l'aide des banques, d'Ubifrance, des réseaux
d'agents et des sociétés de renseignements commerciaux.
Mais l'on peut également faire appel à des assureurs
spécialisés qui couvriront, au choix, le risque
de non-paiement, le risque politique ou encore le risque de
fabrication. Sachez enfin utiliser l'affacturage, qui permet
d'assurer le recouvrement des factures et leur financement.
Certains exportateurs exigent, pour leur part, le paiement
intégral de la marchandise avant livraison. Une dernière
solution peut consister à provisionner les clients
douteux.
•
Trouver des financements
Au moment de se lancer à l'export, vous chercherez
sans doute des financements à court terme. Avant l'expédition,
en dehors de la méthode de l'acompte client, vous pouvez
demander un préfinancement à votre banque, sous
forme de crédit de campagne, de crédit de trésorerie
ou de crédit export revolving. Pendant le stockage,
on peut demander un délai de paiement à ses
fournisseurs ou demander à sa banque un financement
spécifique. Après l'expédition, il est
utile de connaître le comportement de paiement de ses
clients étrangers et d'envisager de négocier
un escompte pour paiement comptant. Sinon, les banques proposent
emprunts en devises, escomptes commerciaux ou mobilisation
de créances nées à l'étranger.
Des organismes financiers spécialisés proposent
pour leur part affacturage, forfaitage ou confirmation de
commande. [ Lire notre sélection
]
•
Choisir la devise
Pour gérer au mieux le risque de change, il convient
de commencer par bien choisir sa devise. Les avantages du
paiement en euro sont importants. La comptabilité est
simple, le risque de change est nul. Mais cela peut compliquer
vos négociations avec l'acheteur. Le paiement en devises,
en revanche, permet l'obtention de financements à des
bons taux mais nécessite de s'organiser pour gérer
le risque de change et de mettre en place une double comptabilité.
Dans ce cas, il peut être préférable de
confier la gestion du compte en devise à sa banque.
Il faut essayer de travailler avec la devise de l'acheteur.
C'est beaucoup plus commercial et cela lui permet de comparer
vos tarifs à ceux de vos concurrents. A vous de couvrir
le risque de change." Et d'ajouter : "Pour des devises
dont le cours suit de près celui de l'euro, on peut
choisir l'euro. Mais pour les autres devises, dollar ou yen
par exemple, il sera beaucoup mieux perçu d'utiliser
celle de l'acheteur."
•
Transport et douane
Une fois choisi le mode de transport adapté à
votre produit, il va falloir décider quel contrat mettre
en place avec votre transporteur. Expédition exclusive,
groupage, affrètement, transport pour compte propre…
plusieurs solutions existent. Mais étant donné
le nombre de tâches que la logistique impose, il est
plutôt recommandé de faire appel à un
transitaire. A moins, bien sûr, d'être un grand
groupe pouvant assumer sa logistique. Le transitaire peut
avoir une obligation de moyens ou de résultats. Dans
le premier cas, il ne fait qu'exécuter les ordres alors
que dans le deuxième, il est responsable de toutes
les actions, choisit le transporteur et les autres sous-traitants.
C'est
l'incoterm (pour INternational COmmercial TERMS) qui va définir
les étapes de la logistique assurées par l'exportateur
et notamment les aspects suivants.
Le point de transfert des trais : répartition des frais
de transport, assurance et douanes entre vendeur et acheteur.
Le point de transfert des risques : à partir de quel
lieu l'acheteur est responsable des risques encourus par la
marchandise.
Une définition précise des documents (ou données
informatiques équivalentes) dus par le vendeur à
l'acheteur.
Une notion importante des incoterms réside dans les
ventes au départ et les ventes à l'arrivée.
Pour les ventes au Départ (EXW - FCA - FAS - FOB -
CFR - CIF - CPT - CIP), la marchandise voyage, sur le transport
international, aux risques et périls de l'acheteur.
Pour les Ventes à l'Arrivée (DAF - DES - DEQ
- DDU - DDP), la marchandise voyage, sur le transport international,
aux risques et périls du vendeur.
A
l'intérieur de l'Union européenne, les biens
circulent librement, en dehors de certaines catégories
de produits. Pour exporter dans des pays tiers, il faut procéder
au dédouanement de ses produits. Sachez qu'il est possible
de retirer sa marchandise avant d'avoir acquitté droits
et taxes (crédit d'enlèvement), ou encore de
payer avec un délai (crédit de droits et taxes).
En ajoutant ces deux crédits, on peut atteindre jusqu'à
150 jours de délai. Pour passer la douane sans surprises,
il faut savoir quel type de produits vous exportez :
- s'ils sont " libérés ", aucune formalité
n'est nécessaire,
- s'ils sont surveillés ou soumis à autorisation,
il faudra une déclaration d'exportation,
- s'ils sont prohibés, une licence d'exportation devra
être fournie et il faudra compter 1 à 2 mois
de délai.
•
Aspects juridiques
Quatre familles de systèmes juridiques cohabitent sur
la planète :
- le droit romano-germanique, qui est le nôtre,
- le droit anglo-saxon,
- le droit à dominante religieuse (dont dépend
l'Asie principalement et les pays musulmans)
- le droit des pays de l'Europe centrale et orientale (Russie
et autres pays de l'Est), qui se rapproche peu à peu
du droit communautaire.
Lors de l'établissement du contrat de vente, le plus
souvent confié à un cabinet d'avocats spécialisé
dans le domaine, il faut choisir le droit applicable au contrat.
On privilégie souvent le droit du pays de l'acheteur,
car il est plus commode de régler un litige là
où se trouve la marchandise. Mais si le rapport de
force entre vendeur et acheteur permet d'envisager autre chose,
il faut simplement regarder le droit qui vous avantage le
plus. Et si vous connaissez mal le droit de l'acheteur, préférer
le droit français."
En
cas de conflit entre acheteurs et vendeurs, beaucoup de solutions
existent pour éviter un long et coûteux recours
à la justice : conciliation, médiation, expertise,
sentence d'accord parties… Mais c'est l'arbitrage qui
est le plus souvent retenu, pour sa neutralité (il
se tient dans un lieu tiers), son impartialité (les
arbitres sont d'une autre nationalité que les deux
parties), sa confidentialité et son efficacité
(pas d'appels ou de pourvois en cassation). L'arbitrage permet
même parfois aux parties de poursuivre leurs relations
commerciales après le règlement du litige.
TVA
et exportations
Les
biens destinés à l'exportation vers un pays
hors de l'Union Européenne ne sont pas soumis à
la TVA. Si l'exportateur ne collecte pas de TVA, il peut néanmoins
déduire celle qu'il a lui-même payé en
amont.
Pour
les livraisons intra-communautaires, le régime transitoire
prévaut toujours, en attendant une harmonisation des
taux de TVA entre les vingt-cinq pays et la mise en pratique
du principe d'origine. Les biens livrés à une
personne assujettie sont exonérés de TVA pour
l'exportateur. La taxe sera acquittée par le client
étranger au taux en vigueur dans le pays. Ce mécanisme
repose sur le principe de destination.
Pour
les services, la règle générale, très
rarement appliquée, est différente : la TVA
applicable est celle du pays d'origine du prestataire. Cependant,
pour les prestations de services matériellement localisables
ou considérées comme "immatérielles",
la TVA française ne sera pas due. En revanche, dans
le cas d'une livraison intra-communautaire, celle du pays
de destination s'appliquera au client.

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